MINUIT



" ... Vous êtes une œuvre de Botticelli, Mademoiselle... "

Des mots, un sourire, un accent italien...
Une âme touchée, libre et attendrie.


Merci a vous Monsieur.

# Posted on Monday, 24 August 2009 at 12:15 AM

Distress

                                                  Distress

- M'aimes-tu, enfoiré ?
- Toujours, reine .

# Posted on Sunday, 31 May 2009 at 6:30 PM

Edited on Monday, 01 June 2009 at 7:37 AM

Aphony Crie, Hurle, S'égosille :

Aphony Crie, Hurle, S'égosille :



- C'est pas que je veuille être terrible ou quoi que ce soit. Genre, j'aime pas les meuf qui parlent pour rien, quoi. Merde, qu'est-ce qu'elles soulent, ces meuf là ! Elles ouvrent leur museau pour sortir des conneries sans queue ni tête. Genre, j'm'en fous de leur tronche mais voila quoi, j'en kiffe une de ces connes. Je lui pisserai bien dessus aux bon vieux Dieu, sans rire. Juste pour me fondre bien la gueule. Ouais, mec, j'ai rien d'mandé, aussi. Attend, putain, ça me tombe comme ca sans prévenir. Il a cru quoi, lui. Qu'c'était la teuf, genre Ibiza. Puis, sérieux, t'as vu sa tronche. Elle a des dents de chevaux, ma parole. Comme l'âne de Lucky Luck, là... P'tain, tu crains aussi. Genre, tu connais pas l'âne de Lucky Luck ? Peuf, t'es pas sortis de la misère, j'te dis. Toute façon, c'est pas toi qu'es soulé par l'autre salope. Ouais, genre c'est profond, t'sais. Ça fait des bruits chelous dans mon corps quand j'entends ses talons de pouffiasse. Ouais, mec, j'ai les jambes qui tremblent. T'sais, au début j'ai vachement cru qu'c'était le diabètic ou un truc comme ça comme ma cousine Anka l'a . Puis, v'là que ça recommençait quand la bouffonne approchait. Sérieux, qu'est c'que j'voulais lui démonter la tronche à elle. Ouais, v'là quoi, elle est même pas belle à la base, genre baisable quoi. 'Tain, mais c'est profond quand même, t'sais. Genre, j'dors pas la nuit. Genre, j'mange plus de kebab. Genre, j'crois que j'suis mort. Attirance, mon cul, ouais. Tu m'vois avec une trainée comme elle, sérieux. J'suis sure qu'elle pue, aussi. C'est pour ça que j'ai envie d'aller lui toucher les cheveux. J'kiferai trop aller raconter aux mecs du Plateau à quoi ça ressemble une baleine graisseuse. J'vois pas d'autre raison, sinon. Y a pas d'autre raison t'façon. Elle craint comme meuf. Allez, mec, accouche, ta mère. Dit qu'elle pue, aussi. Genre, comme ça, j'pourrais au moins y croire. Saloperie, dit moi un truc à faire là d'suite. Tu vois ce que j'veux dire?
. . .
- Ferme les yeux et tu verras. Ouais , mec, ferme les yeux et tu verras. T'façon, il n'y a que ça.



- Texte écrit à 3h31 d'un 15 Avril 2009, dos posé contre le mur de la chambre 22 -

# Posted on Thursday, 16 April 2009 at 8:30 PM

Edited on Wednesday, 08 July 2009 at 9:57 PM

Aphony Crie, Hurle, S'égosille :


Levons nos verres à l'amitié spirituelle.

~
Je ne pensais pas beaucoup et mes rêves ne me parlaient presque pas du tout. J'y voyais une preuve du bonheur. Puis, à la lueur du soleil entrecoupée par le tunnel, je me voyais les attendre (...) Nos émois et nos surprises, leurs airs effarés devant ma silhouette et mes mémoires de jadis lorsque Malraux était mon paradis salé (...) Et dans ce wagon, à me rappeler d'eux, je me suis souvenue d'elles.
De celles dont je ne connais que les mots.

( ... )
Epouvante que je dérive, que je m'accroche et m'écorche.


# Posted on Saturday, 11 April 2009 at 3:33 PM

Edited on Monday, 13 April 2009 at 11:35 PM

Aphony Crie, Hurle, S'égosille :

Aphony Crie, Hurle, S'égosille :





Demain, nous irons à nouveau escalader ce bunker sur le sable de l'Atlantique.
Ce même bunker que j'avais peint avec du vert et des grands ronds blancs pour tuer le temps. Je sais que tu étais petit et que tu ne t'en souviens plus. J'étais à peine plus grande que toi et pourtant je rêve toujours de fouler ce sable qui m'apprit à marcher. Il m'arrive encore après plus de dix ans, de revivre des émotions oubliées. Ca me manque, je crois. Toute cette enfance qui se résume qu'à travers sept ans. Ce soir, j'en ai dix-huit et je me sens vieille. Terriblement ridée. Horriblement assassinée. Parce que, tout ce que je voulais faire de ma vie c'était de regarder les étoiles perchée sur mon olivier. Y monter jusqu'en haut et parfois lorsque j'entendais la voix à l'arrière de ma tête lui parler. Lui demander de te protéger, que tu grandisses fort et fier. A l'époque, je me rappelle avoir eu peur que ce cheveux sur la langue te reste pour l'éternité, alors parfois il m'arrivait d'oublier les autres et je ne lui parlais que de toi.
Du comment tu aimais la mer et tu jouais avec le sable.
De ces après-midis, à marcher sur la cote de la plage à penser aux livres lus et à ceux à venir.
De ces matins, qui m'accueillaient. De ces jours de pluie, où en chemise de nuit, j'aventurais. Se baigner avec de la pluie, voila, une chose que tu n'as jamais essayé. Défier la gravité, à ne vouloir faire plus qu'une avec l'eau et ignorer ces gouttes qui enfoncent ton corps vers les abimes. Puis, cette chemise de nuit qui gonfle et gonfle jusqu'à l'épuisement. Voila, bien une émotion, mon frère, que tu ne sais ce que c'est. Se fatiguer à lécher des glaces à longueur de journées et comparer nos langues à la lueur du soleil. Observer le monde et pleurer de voir le temps passer. Aller jusqu'à ce que tu ne cesses de sautiller pour pouvoir sortir la tête de l'eau et se fatiguer puis hurler. Voila, mon frère, pourquoi le bunker aux grands pois blanc ne te manque pas, ce soir. Parce que tu n'as pas côtoyé le bonheur sur la mer de l'Atlantique. Mais moi, qui y était, je l'aimais ma maison au bord de la mer de Saranda quelque part entre le paradis et l'oublis. J'en aimais les hivers froids et les étés chauds, les printemps verts et les automnes orangés.
Je revois des scènes poétiques, ridicules et tuantes. Jusqu'à ce vingt et un mars 1997, dernier jour de mon enfance. J'ai grandie cette nuit pendant qu'ils hurlaient à la porte. J'ai leurs armes qui défilent et leurs visages qui me hantent et un dernier regard de ce pare-brise vers mon olivier.
Voila, mon trésor.

Mais, dans quelques dizaines d'années, j'irais au pas de ma belle maison de pierre volée .
Et je leur dirais quelques mots. Puis, je la leur arracherai .

Et nos enfants, mon frère, iront s'émerveiller encore devant notre beau bunker vert pour l'éternité.




# Posted on Saturday, 04 April 2009 at 10:07 PM

Edited on Sunday, 05 April 2009 at 11:02 AM